Thomas Thivierge Publié le 14 mars 2017 par | Mis à jour à 18:30

Projet Énergie Est : les dangers pour le Québec

Oléoduc

(Photo courtoisie : Joseph/Flickr)

L’économiste et sociologue Éric Pineault est catégorique : le projet de pipeline Énergie Est n’est pas rentable pour le Québec aux points de vue environnemental, climatique et économique.

Éric Pineault (Photo : courtoisie)Invité dernièrement à tenir une conférence au Cégep Limoilou sur les dangers de la construction d’un pipeline au QuébecÉric Pineault a exposé les principaux arguments qui, selon lui, expliquent pourquoi ce projet sera néfaste pour le Québec.

Son principal argument tourne autour du fait que le Canada n’a pas besoin de transporter une plus grande quantité de pétrole ; selon les chiffres qu’il a présentés, la quantité de pétrole produite en sol canadien excède d’un million de litres la quantité consommée par les Canadiens, à l’heure actuelle.

Cette augmentation de la production au pays est du reste contradictoire, selon Éric Pineault, avec la volonté politique exprimée par le gouvernement Trudeau de faire sortir le Canada de sa dépendance au pétrole.

De plus, une consommation accrue de carburants fossiles nuirait à l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre formulé lors de la signature des accords de Paris.

Développement économique sans le pétrole : une réalité

Du point de vue économique, l’auteur de Piège Énergie Est a mentionné qu’il n’y a plus de corrélation entre la production pétrolière d’un pays et son produit intérieur brut (PIB).

Il y a, depuis une quinzaine d’années, un décrochage entre le PIB et notre consommation de pétrole ; notre consommation au Québec varie uniquement selon l’augmentation de la population, elle ne varie plus à cause de la croissance économique », avance-t-il.

Autrement dit, le Québec pourrait maintenir une économie forte sans être un grand producteur de pétrole.

S’agissant d’ailleurs du Québec, M. Pineault souligne l’inadéquation qui sous-tend le projet d’Énergie Est pour la province : alors que seulement 20 % de la quantité de pétrole en circulation dans le pipeline serait destiné à la consommation du Québec, celui-ci s’expose à 100 % des risques inhérents à son installation. Et cela, sans qu’il ait pour autant droit aux mêmes redevances économiques que l’Alberta, Ottawa et les États-Unis.

Le risque des déversements

Le professeur de l’UQAM ne manque pas par ailleurs de rappeler les dangers environnementaux liés aux pipelines, dont, parmi les plus probables, les déversements causés par des bris occasionnels.

(Photo courtoisie : Massachusetts Dept. of Environnemental Protection/FlickrDe manière générale, la population sait ce qu’est un grand déversement pétrolier, mais Éric Pineault y est allé de précisions éclairantes. Si, par exemple, le pipeline d’Énergie Est subissait un bris majeur, la quantité de pétrole qui s’échapperait serait l’équivalent de 132 piscines qui se videraient chaque heure. De plus, il existe deux autres types de déversements qui peuvent survenir : les déversements contrôlés et les petits déversements sournois.

Il peut y avoir plusieurs joints qui sont mal installés et qui fuient […] pendant un an, deux ans, trois ans, dix ans, quinze ans, vingt ans… On ne sait pas où ça s’en va, mais il peut y avoir un cultivateur un moment donné en Alberta qui voit ses vaches devenir malades, il y a des familles qui peuvent développer des cancers, tout ça provoqué par une fuite que personne ne voit », argue-t-il à propos des conséquences des petits déversements sournois.

Inquiétudes locales, mouvement à grand échelle

Conférence Éric Pineault (Photo courtoisie : Michel Côté)Une centaine de personnes s’étaient déplacées à la salle Sylvain-Lelièvre (ci-contre) pour assister à la conférence d’Éric Pineault, organisée en collaboration avec la Fondation Coule pas chez nous dans le cadre de la campagne de sensibilisation qu’elle mène actuellement pour la protection de l’eau et contre le projet d’oléoduc.

Rappelons que le projet d’Énergie Est n’a toujours pas été approuvé par le gouvernement de Justin Trudeau, à la différence de deux autres projets de pipelines : Keystone XL et Trans Mountain.

À lire aussi : Coule pas chez nous ! La Barberie et le Griendel brassent pour les rivières (Monsaintroch)

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Publié dans Environnement

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