Jean Cazes Publié le 29 janvier 2017 par | Mis à jour à 07:00

Centre Jean-Guy-Drolet : 80 ans au service des Limoulois (1 de 4)

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Dans le cadre du 80e anniversaire du centre Jean-Guy Drolet, son directeur livre à Monlimoilou un survol des faits marquants de son histoire. En introduction de cette série, Jean Drolet évoque le contexte menant à la construction de l’ex-salle paroissiale Saint-François d’Assise, près du centre actuel.

Chanoine GodboutLes origines du centre communautaire Jean-Guy Drolet (CCJGD), qui naîtra officiellement en 1936, remontent en fait à 1914 lors de la fondation de la paroisse Saint-François d’Assise par le chanoine Alexandre-Albert Godbout.

L’oeuvre de ce curé a marqué l’histoire contemporaine de Limoilou.

À l’époque, la paroisse était une sorte de campagne avec 110 familles, souligne Jean Drolet. Mais le curé y voyait déjà une ville ! Jusqu’à son décès en 1949, le chanoine Godbout a été très dévoué auprès des citoyens de sa communauté, entre autres en étant dans l’organisation du Patro Roc-Amadour où il a lancé la tradition des camps de jour d’été. […] Excellent orateur et organisateur, il a aussi été actif dans la fondation de l’hôpital, fait construire le couvent, une première église… »

cjgd-soubassement-de-la-chapelle-3Érigée en 1914 à l’arrière de l’actuel CCJGD, rue Saint-Martial, la petite chapelle de bois avec son soubassement de pierre servait non seulement au culte, mais également de lieu de regroupement communautaire. Comme le rappelle Réjean Lemoine dans son ouvrage Limoilou, un quartier effervescent, sur ce soubassement se dressera en 1927 l’église Saint-François d’Assise, face à la 1re Avenue.

La première salle paroissiale

La chapelle est incendiée en 1932. En lieu et place, le chanoine fait ériger une « vraie » salle paroissiale, comblant ainsi en 1936 les attentes de la population locale. Le centre communautaire voit le jour !

Avec son toit pointu, la salle paroissiale Saint-François d’Assise était l’ancienne partie qu’on a possédée jusqu’en 1993 : j’y reviendrai [photo ci-contre, en 1984]. Il y avait un sous-sol, un auditorium, une salle de projection de cinéma, et un petit salon de quilles de quatre allées qui jouera, comme nous le verrons, un rôle majeur dans les activités du CCJGD. […] »

Centre Jean-Guy Drolet. 1984Ce qu’offrait ce type d’équipement était essentiel à la vie communautaire de l’époque, poursuit Jean Drolet.

Tous les rassemblements paroissiaux de Saint-François d’Assise, les événements sociocommunautaires et les loisirs en général s’y faisaient. Il faut se rappeler que les loisirs étaient moins diversifiés qu’aujourd’hui. Et il n’y avait pas d’hôtels, de centres de congrès ou autres lieux de regroupement d’envergure pour recevoir des mariages, des fêtes familiales, organiser des rencontres sociales en soirée… »

Journal Le ZélateOeuvre de l’architecte René Blanchet, la salle paroissiale a pu être érigée grâce à une collecte de fonds qu’avait âprement défendue le chanoine Godbout dans l’éditorial du 1er février 1935 du journal Le Zélate, mensuel dont le CCJGD conserve quelques numéros en archive.

Voulons-nous une salle ? Voilà la question que se posent tous ceux qui ont à coeur la prospérité des oeuvres paroissiales. […] La fabrique ne peut assumer seule la construction. Il est inutile de parler d’emprunt. […] Qui la paiera ? Les paroissiens qui comprennent son utilité, sa nécessité. […] Une salle qui coûterait $15 000,00. Cette somme devrait être répartie sur les 1100 familles de la paroisse. […] Nous demandons à tous ceux qui peuvent le faire de verser une souscription de $25, $50, $100 ou plus. […]  Le curé souhaite la salle qui lui permette d’y rencontrer dans l’intimité, ses chers citoyens. »

La Salle Paroissiale Saint-François d’Assise coûtera finalement 20 000 $… Présidée à sa bénédiction en pleine crise économique par le cardinal Villeneuve, son ouverture en 1936 mènera à la création, deux ans plus tard, de l’Oeuvre de Jeunesse Saint-François d’Assise du chanoine Godbout, qui désirait ainsi organiser sur le plan paroissial les loisirs des jeunes, explique Jean Drolet.

Ils souhaitaient que les jeunes soient “bien encadrés”, autant en semaine dans les écoles que les fins de semaine dans des “lieux sécuritaires”, en “milieu sain”. Une mission qui se perpétue encore, mais de façon évidemment différente aujourd’hui, au centre Jean-Guy Drolet… »

La semaine prochaine : l’agrandissement de la salle paroissiale Saint-François d’Assise en 1953.

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