Agathe Vergne Publié le 1 août 2014 par | Mis à jour à 06:30

Le jardinier paresseux

Crédit: Les Urbainculteurs

Deuxième article sur le jardinage urbain en collaboration avec des membres des Urbainculteurs.

On l’a dit, le jardinage urbain, c’est bon pour le moral et pour la planète. Cultiver son petit bout de balcon oui, mais si on peut faire ça simplement, c’est mieux!

Voici quelques astuces pour simplifier le jardinage et améliorer votre production. Et pouvoir siroter votre verre de vin blanc une fois le travail accompli! Lison Postel des Urbainculteurs, spécialiste de l’agriculture urbaine, nous livrent ici quelques précieux conseils.

1. Mettre du paillis: une application, plusieurs bénéfices

Le paillis est un matériau que l’on applique au pied des végétaux et qui permet de réduire l’entretien. En effet, le paillis limite l’évaporation de l’eau contenue dans le sol. Il empêche en partie la croissance des «mauvaises herbes» dont les graines, cachées sous le paillis, ont plus de mal à pousser. Il favorise la présence des vers de terre et micro-organismes dans la couche supérieure du sol. Plusieurs types de paillis peuvent être utilisés: le bois raméal fragmenté (BRF) qui fait de petites branches déchiquetées, la paille, le paillis de coco et les feuilles mortes.

Quoi que vous choisissiez, il faut mettre une couche de 2 à 4 cm d’épaisseur. Attention: le paillis de cèdre est trop acide pour un potager.

2. Apprendre l’art de l’arrosage

Une plante, ses feuilles et ses fruits sont constitués en grande partie d’eau. Si la plante en manque, elle sera plus sensible aux ravageurs et maladies. Et, en cas de pénurie, certaines d’entre elles (laitue, épinard, roquette) montent rapidement en graines pour assurer leur reproduction; elles perdent alors leur bon goût. L’arrosage est donc primordial, mais il est possible d’éviter d’en faire une corvée! Pendant deux semaines, après le semis ou la transplantation, il faut arroser tous les jours pour permettre le développement du système racinaire.

Ensuite, il vaut mieux espacer l’arrosage (exemple: 2 fois/semaine), mais en grande quantité pour permettre le développement de racines profondes qui rendront les plantes plus autonomes. Il est préférable d’arroser tôt le matin ou sinon, en fin d’après-midi. Évitez les heures de grosse chaleur (évaporation, différence de température eau/air, effet de loupe et brûlure) et les fins de soirée (humidité persistant la nuit qui peut favoriser des maladies). L’eau de pluie est la meilleure: donc si vous pouvez, installez un baril de récupération.

3. Désherber pour éviter la compétition

Les «mauvaises herbes» ne sont pas si mauvaises: certaines sont goûteuses, et même excellentes pour la santé! Problème: elles sont si prolifiques que, sans contrôle, elles auront vite fait d’envahir le jardin au détriment de vos autres cultures. Mieux vaut prévenir… Il est plus facile de retirer les indésirables quand elles sont petites et après une bonne pluie ou un arrosage car dans les deux cas, les racines offrent moins de résistance. Le paillis (encore lui) limite grandement la présence des adventices. Les purins d’orties et de consoude faits maison constituent d’excellents engrais biologiques.

4. Utiliser une fertilisation biologique

Jardiner bio ne veut pas dire sans engrais. Surtout quand on cultive en contenants où les plantes ont toujours moins d’espace qu’en pleine terre pour se développer et aller chercher leurs nutriments. L’essentiel est de respecter les directives d’utilisation afin d’éviter le surdosage.

5. Surveiller les ravageurs et accepter de partager

Petites et grosses bibittes apprécient vos légumes autant que vous… La lutte biologique s’impose! Pour lutter contre les limaces: répandre au pied des plants une matière coupante ou poudreuse sur laquelle elles n’apprécient pas de passer (coquilles d’œuf broyées, sable, copeaux fins, cendre). Nos chers écureuils: fléau difficile à contrôler… Essayez la coupelle d’eau où ils s’abreuveront au lieu de croquer dans vos légumes pour en extraire le jus, ou encore, les arachides placées loin du jardin pour les détourner de leur chemin de passage habituel.

Pour finir, un dernier conseil: n’hésitez pas à récolter pour stimuler la production. C’est notamment vrai avec le basilic dont il faut couper régulièrement quelques centimètres de la tête et supprimer les fleurs pour qu’il multiplie ses branches. Ça vaut aussi pour les haricots, poivrons, zuchinis pour lesquels une récolte hâtive d’un ou deux «fruits» encourage la plante à en produire d’autres.

Bon jardinage!

Merci aux Urbainculteurs pour ces précieux conseils! Retrouvez leur boutique au 373 rue Saint-Paul.

À suivre demain:
Le potager sur le balcon

[ Article précédent: 12 bonnes raisons de cultiver votre jardin urbain. En complément: Trésors d’arrière-cours (2): le potager santé de Lili Michaud. ]

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2 Commentaires

  • SVP, indiquez que vous vous êtes inspirés des ouvrages de Larry Hodgson, auteur à succès, qui est celui qui a trouvé l’appellation jardinier paresseux.

  • “Le beau jardin du paresseux” de Patricia Beucher (2000) me semble antérieur ; à confirmer…

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