Philippe Bourque Publié le 26 novembre 2013 par | Mis à jour à 07:00

Cet intolérable bruit

On apprenait la semaine dernière que les résidents de Limoilou en ont assez du bruit. Ce n’est pas nouveau et le sujet fait à chaque fois jaser. Que ce soit lorsqu’on fait l’annonce d’un nouveau Karaoké ou lorsqu’on rapporte les propos de certains citoyens exaspérés par le bruit des motos et camions du quartier, les lecteurs réagissent et se vident le cœur.

Les faits sont là et plusieurs études démontrent maintenant les effets néfastes du bruit sur le développement et la qualité de vie humaine. Un peu comme pour la pollution lumineuse, la pollution sonore peut engendrer du stress, des troubles de sommeil et des effets sur la santé physique et psychologique. Certaines réglementations, comme le contrôle plus serré du bruit émis par les motos, ont été mises en place pour contrer une partie de ce phénomène, mais cela ne semble pas suffisant, ou du moins, inappliqué pour l’instant.

D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à évoquer cette intolérance au bruit. Déjà en 2010, Ghislain Poirier, DJ montréalais, publiait une lettre ouverte qui relevait une contradiction forte dans les milieux d’ébullition culturels. Tout le monde veut vivre dans un quartier cool, branché, ouvert sur le monde, mais personne ne veut du bruit et l’animation qui vient avec. Bref, on veut vivre dans un milieu culturellement riche, mais sans les inconvénients.

Et puis, en octobre, ce fut la consternation. En effet, les promoteurs d’un spectacle au célèbre bar Les Bobars de la rue St-Laurent ont du arrêter un spectacle et payer une amende de 1250 $ à 23 h 50. La raison? On entendait la musique en dehors des murs de l’établissement et un voisin proche a déposé une plainte. Il n’en fallait pas plus pour relancer le débat. De jeunes musiciens lancèrent une campagne, #SaveThePlateau, pour dénoncer la grandissante intolérance des nouveaux résidents du quartier et du danger sur l’avenir de la culture que cela provoque.

Tout comme à Montréal, est-ce que toute cette intolérance serait un autre phénomène lié à la gentrification annoncée de notre quartier? Cette jeune et professionnelle clientèle attirée par la vague limouloise serait-elle intolérante au bruit de la ville? Serait-ce que ces nouveaux arrivants, fraîchement débarqués d’une enfance tranquille en banlieue, veulent tout obtenir du côté branché et dynamique d’un centre-ville sans en vivre les désagréments?

Pour l’instant, je n’en sais rien, mais je crois que le débat est loin d’être terminé. Heureusement, dans un avenir rapproché, je crois que l’on pourra rétablir la paix entre ces dits générateurs de nuisance et les citoyens. En effet, un appareil d’annulation de bruit (noise cancelling) pour fenêtre est présentement rendu à l’étape du prototype. Cet appareil, qui sera simplement apposé sur une fenêtre, agira comme des écouteurs à annulation de bruit, rendant inaudibles les bruits nuisibles de l’extérieur.

Mieux encore, il vous permettra de laisser filtrer les bruits désirés, comme le chant des oiseaux, et de remplacer certains sont agaçant pas quelque chose de plus agréable, à votre choix.

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18 Commentaires

  • Ce n’est pas un caprice de vieux ou de bourgeois que de demander un peu de savoir-vivre aux colons qui viennent s’amuser et/ou qui circulent dans le centre-ville. La plupart des bruits intolérables seraient faciles à éliminer, avec un peu de bonne foi et de respect des autres. Par exemple, les totons qui mettent leur radio ou leur musique à tue-tête et qui perturbent tout l’environnement lorsqu’ils sont arrêtés à un feu rouge, les gros insignifiants qui pensent que tout le monde aime le bruit de leur Harley-Davidson trafiquée, les imbéciles soûls qui sortent des bars en gueulant… et plein d’autres. D’autres bruits, bien que dérangeants, sont parfaitement acceptables en centre-ville : sirènes de police ou de services d’urgence, autobus qui arrêtent et repartent, camions de livraison qui circulent légitimement, camions à ordures, etc. on peut très bien vivre avec ça si les autres bruits sont éliminés !

  • Je n’ai rien contre les bruits de la ville, même que l’on s’habitue très vite, selon le point de vue d’une jeune femme qui viens de la banlieue. Ce qui me fache vraiment, c’est les colons, soulons qui se croient brillant et seuls, en sortant des bars.Qui s’amusent à gueuler des niaiseries haut et fort jusqu’à ce que tout le monde soit réveillé dans la maison. Nous sommes obligés des fois d’appeler la police pour les faire partir, malgré que certains redescendent de leurs nuages tout seuls!

  • Personnellement, aucun bruit ne me dérange, à part les !@#$% de cloches d’églises réglées à un niveau sonore hors du commun. Les chiens en hurlent à tous les jours tellement c’est fort. Et le dimanche, c’est le festival de la cloche d’église. Trois à quatre fois par jour par clocher.

    Je suis à veille d’entrer dans l’église un beau dimanche matin en criant SALUT! CA VA? Si on me dit que je dérange, je rétorquerai que l’église, elle, crie bien à tous les jours dans mon appartement…

  • M. Le Bel résume très bien la situation: Il n’est absolument pas question d’intolérance au bruit de la part des citoyens, mais bien des désagréments que ces derniers subissent en raison de bruits intempestifs, exagérés et contrôlables, voire évitables.

    Mettre la faute sur celui qui se fait déranger chez-lui, dans sa maison, plutôt que sur celui qui génère le bruit me semble le résultat d’un raccourci intellectuel bien peu digne de quelqu’un qui manifeste l’intérêt de s’exprimer publiquement…

    À bon entendeur!

    • En guise de précision, j’habite le Vieux-Limoilou, et ce depuis ma plus tendre enfance. Je ne suis donc pas un vilain banlieusard intolérant ni un vil agent de la gentrification…

      • Philippe Bourque

        Mais où voyez-vous de telles accusations??

        Je serais bien mal placé pour traiter qui que ce soit de vilain banlieusard ou de vil agent, je fais partie de cette cohorte de nouveaux arrivants.

        Mon questionnement sur la gentrification ne tourne pas autour de ce qui est inacceptable (bruit excessif). Il tourne autour de la dualité d’une vie dynamique, mais tranquille au centre-ville. Une vie que pourraient désirer les nouveaux arrivants.

        J’espère que cette remarque vous rassurera sur mes intentions.

        Au plaisir et bonne journée

        • Votre raisonnement achoppe tout simplement en raison du fait que vous vous interrogez sur les désirs apparemment contradictoires des citoyens de vouloir habiter au centre-ville sans avoir les désagréments qui s’y rattachent.

          Toutefois, le Vieux-Limoilou n’est pas le centre-ville! St-Jean-Baptiste ou St-Roch, c’est le centre-ville. Il y a des lieux du Vieux-Limoilou qui sont totalement résidentiels et autour desquels vous ne pourrez trouver plus de 2 commerces dans un rayon de 1 km. Ce n’est pas ça un centre-ville.

          N’étant donc pas au centre-ville, les résidents du Vieux-Limoilou devraient-ils subir les inconvénients découlant de l’urbanité sans avoir les avantages du centre-ville? À mon tour de poser la question…

    • Philippe Bourque

      Bon, ça y est, bonjour les insultes, me voilà démagogue!

      Vous devriez relire attentivement, je n’accuse personne, je me questionne. Si vous n’êtes pas d’accord, soite, faites-vous entendre, mais rester poli, cela ne fera qu’élever le débat.

      Et puis si posez des questions relèves pour vous de la paresse intellectuelle, je me demande bien quels sont vos attentes envers ceux qui s’expriment publiquement.

      Bonne journée

      • Il ne s’agissait pas d’insultes, il s’agissait d’une observation. Et je la maintiens: Vous faites plusieurs raccourcis intellectuels dans votre article.

        Et jamais je ne vous ai accusé de démagogie. Je serais en effet très surpris que vous ayez fait de tels raccourcis intellectuels dans le but de mousser votre popularité.

        J’espère que vous voilà aussi rassuré sur mes intentions.

        • Philippe Bourque

          Écrire que je suis indigne de m’exprimer publiquement en raison de votre interprétation de mon style de rédaction est insultant.

          Si vous en voyez des raccourcis dans ce texte, ne vous gênez pas pour les rapporter, je n’en vois aucun. Parlez-vous du résumé que je fais de la lettre ouverte du M. Poirier? L’avez-vous lu?

          Finalement, n’oubliez pas que j’ai environ 400 mots pour m’exprimer et relater le pouls du quartier, ce qui est mon objectif ici. Cela se répercute nécessairement dans le ton.

          Au plaisir

          • Je n’interprète pas votre style, j’interprète votre raisonnement.

            Et c’est exactement ce que j’ai fait de rapporter un des raccourcis intellectuels en disant que la prémisse de votre argumentaire selon laquelle le Vieux-Limoilou est le centre-ville est fausse.

            D’un côté, vous me dites de rapporter des exemples de raccourcis intellectuels et de l’autre, vous vous offusquez que je le fasse…

            Un autre exemple réside dans la phrase “Serait-ce que ces nouveaux arrivants, fraîchement débarqués d’une enfance tranquille en banlieue, veulent tout obtenir du côté branché et dynamique d’un centre-ville sans en vivre les désagréments?”. Cette phrase suppose, sans aucune justification, et donc selon un procédé de raccourci intellectuel, que les gens qui se plaignent du bruit font tous partie de cette “classe de citoyens”.

            Je répète, je n’ai jamais critiqué votre style qui, au demeurant, m’apparaît correct. C’est plutôt votre argumentaire que je discutais. Quand on écrit publiquement, il faut savoir qu’on s’expose à la critique et je ne crois pas user de ce droit que j’ai en tant que lecteur de façon impolie.

          • Philippe Bourque

            C’est uniquement le terme “indigne” que je prends de travers.
            Pour le reste, j’adore être défié, ne vous inquiétez pas.
            :)

            D’ailleurs, ça m’a fait sourire de me faire rappeler que “démagogie” était défini par le fait de faire mousser sa popularité.
            Bien envoyé.

            Sinon, le Vieux-Limoilou se rapproche beaucoup plus d’un centre-ville que d’une banlieue pour moi. Il semble que nous ne sommes pas d’accord sur ce point. De là à dire que c’est un raccourci intellectuel…

            Vous dites : “Cette phrase suppose, sans aucune justification que les gens qui se plaignent du bruit font tous partie de cette “classe de citoyens”.”

            Je ne porte aucun jugement, bien au contraire!
            Je pose une question parce que je ne connais pas la réponse.
            :)

            Dans tous les cas, au plaisir de lire à nouveau vos critiques (et d’y répondre, évidemment).
            :)

            Sincèrement

  • Vous êtes bon joueur et j’apprécie!

    J’accepte volontier de retirer mon “bien peu digne” pour la réception que vous en faites, mais pas pour l’émission que j’en faisais qui se voulait bien moins mesquine qu’elle en avait l’air, je vous l’assure.

    Allons-y maintenant avec la notion de centre-ville. Le Vieux-Limoilou est-il un centre-ville, oui ou non? Parce que c’est bien ce dont il est question ici, non? Cette définition, qui est la prémisse de tout votre article, doit être abordée de façon plus substantielle que par une impression personnelle, je crois.

    Selon le dictionnaire Larousse, un centre-ville est “le quartier central d’une ville, le plus animé ou le plus ancien”. Il ne me semble pas qu’aucune de ces descriptions correspondent au Vieux-Limoilou.

    D’autres sources (dont Wikipédia, mais pas seulement) définissent un centre-ville comme “le lieu des manifestations culturelles et sportives, des échanges et de la politique dans lequel on retrouve la place, la mairie, et les magasins de toutes sortes”. Je ne crois pas que ça décrive bien encore une fois le Vieux-Limoilou. Même si je suis prêt à concéder qu’un segment de la 3e Avenue pourrait s’approcher un peu plus de cette définition.

    A contrario, le Vieux-Limoilou pourrait presque correspondre à la définition que donne le Larousse de la banlieue: “La banlieue est un espace urbanisé situé à la périphérie d’une ville centre et dépendant de celle-ci pour les emplois, les services et les transports”.

    Donc, pour moi, il est injuste de demander aux citoyens du Vieux-Limoilou de subir docilement les désagréments sonores d’un centre-ville sans vivre dans un milieu procurant les avantages d’un centre-ville.

    Qu’en dites-vous?

    • Philippe Bourque

      Pour moi, c’est surtout en terme de densité que le Vieux-Limoilou se distingue de la banlieue de Québec.

      Pour ce qui est de ma vision face ce qui devrait être ou non toléré, j’irais plus loin que vous. Je crois en effet que personne, même ceux vivant au centre-ville, ne devrait devoir subir les effets de la pollution sonore (n’y aucune pollution d’ailleurs). Toute pollution devrait être évitée le plus possible.

      Je ne dis pas non plus de toute arrêter, je tiens à la culture et l’économie. Par contre, je vote pour développer de manière durable pour qu’un jour il ne reste plus de cette pollution dans notre paysage.

      Par exemple, les effets sonores nuisibles du transport pourraient être contrés par un développement urbanistique axé sur le transport en commun (communément appelé TOD).

      Pour l’exemple du bruit dans les bars, je suis plutôt un optimiste scientifique fervent de nouvelles technologies. Plutôt que d’utiliser une chaîne stéréo ultra-puissante, j’entrevois le jour où les bars fourniront à chaque personne une paire d’écouteurs sans fil qui permettrait de mettre le volume comme on le désir (ou simplement la possibilité de syntoniser un poste commun à tous).

      Pour ce qui reste attaché aux comportements humains (les bagarreurs par exemple), je crois beaucoup en l’éducation, mais je reste conscient que parfois, il faut aussi malheureusement utiliser une forme de répression quand ça ne fonctionne pas (un ticket par exemple).

      • Je suis bien d’accord avec vous.

        Là où le bât blesse, c’est l’existence d’une dichotomie évidente entre la législation en vigueur et son application.

        Les règlements et les lois assurant la quiétude des citoyens existent bel et bien mais c’est leur application par les services policiers qui fait défaut. Il semblerait qu’à la Ville de Québec, un même règlement ne se fasse pas respecter et ne s’interprète pas de la même façon selon qu’il soit bafoué à Sillery, Cap-Rouge ou dans le Vieux-Limoilou… C’est pourtant le même règlement au sein de la même ville patrouillée par le même corps de police. Pourquoi de tels différences?

        Le règlement n’existe pas seulement pour les banlieue ou les zones moins densément peuplée. Il est en vigueur sur tout le territoire de la Ville de Québec. Pourquoi l’appliquer de façon si sélective?

        • Philippe Bourque

          Si c’est le cas, c’est en effet une question très pertinente.

          • Mais c’est le cas!

            Allez (idéalement saoûls) avec 4 de vos amis, sur une rue de Sillery, mettez votre radio d’auto au volume maximum, sortez tous 3 de votre voiture et mettez-vous à crier des insanités à tue-tête. Lorsque vous commencerez à crier, démarrez votre chronomètre et arrêtez-le lorsque la police arrivera. Redémarrez votre chronomètre et arrêtez-le cette fois-ci lorsque la police vous aura fait taire et/ou vous aura donné une contravention. Notez les deux temps obtenus.

            Répétez maintenant la même expérience à l’intersection de la 4e Avenue et de la 17e Rue (j’ai choisis cet exemple car c’est de ce cas dont votre article origine) et je suis prêt à parier n’importe quoi avec vous que les deux temps obtenus sur votre chronomètre (si vous en obtenez!) seront beaucoup plus longs que ceux obtenus à Sillery!

            Qui est prêt à faire le test? Un journaliste?

            Bonne journée!

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